L’essentiel à retenir : emprunter après 60 ou 65 ans reste possible, mais l’assurance emprunteur devient plus chère et plus encadrée. Les assureurs fixent un âge limite de souscription (souvent autour de 75 à 85 ans) et un âge de fin de garantie (souvent 85 à 90 ans pour le décès, plus tôt pour l’incapacité et l’invalidité). Un questionnaire de santé, voire des examens, sont généralement demandés. Pour réduire le coût : comparer grâce à la délégation d’assurance, utiliser la loi Lemoine, adapter les garanties et, en cas de problème de santé, s’appuyer sur la convention AERAS.
Sommaire
- Pourquoi l’assurance est plus difficile après 60 ans
- Âges limites de souscription et de couverture
- Les garanties
- Le coût
- Les formalités médicales
- Réduire le coût
- Convention AERAS et alternatives
- FAQ
Pourquoi l’assurance est plus difficile après 60 ans
Le risque de décès ou d’invalidité augmente avec l’âge : les assureurs ajustent donc leurs tarifs, leurs conditions médicales et les garanties proposées. La banque, de son côté, demande presque toujours une assurance couvrant au moins le décès pour accorder un crédit immobilier, même si la loi ne l’impose pas.
Âges limites de souscription et de couverture
- Âge maximal à la souscription : variable selon les contrats, souvent entre 75 et 85 ans pour la garantie décès.
- Âge de fin de couverture : souvent 85 à 90 ans pour le décès ; la perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA), l’invalidité et l’incapacité cessent généralement plus tôt, souvent entre 65 et 71 ans ou au départ en retraite.
- La durée du prêt doit donc être adaptée pour que le remboursement se termine avant la fin des garanties exigées.
Les garanties
- Décès et PTIA : les garanties de base, exigées dans presque tous les cas.
- Incapacité temporaire de travail (ITT) et invalidité (IPT, IPP) : utiles pour un emprunteur encore en activité ; souvent inutiles ou indisponibles après la retraite, puisqu’il n’y a plus de revenus professionnels à protéger.
Pour un retraité, une couverture limitée au décès et à la PTIA, si la banque l’accepte, réduit nettement le coût.
Le coût
Le tarif dépend de l’âge, de l’état de santé, du tabagisme, du capital, de la durée, des garanties et des quotités. Il peut être plusieurs fois plus élevé à 65 ans qu’à 35 ans pour le même prêt. Comparez avec le TAEA (taux annuel effectif de l’assurance), indiqué dans chaque offre, et demandez des devis à plusieurs assureurs : les écarts sont importants pour les seniors.
Les formalités médicales
La suppression du questionnaire de santé prévue par la loi Lemoine ne s’applique que si le prêt se termine avant les 60 ans de l’emprunteur : les seniors restent donc concernés par le questionnaire. Selon l’âge et le capital, l’assureur peut demander des analyses, un examen médical ou un électrocardiogramme. Répondez avec exactitude : une fausse déclaration peut entraîner la nullité du contrat.
Réduire le coût
- La délégation d’assurance : choisir un contrat individuel plutôt que le contrat de groupe de la banque.
- La loi Lemoine : changer d’assurance à tout moment en cours de prêt, sans frais.
- Adapter les garanties et les quotités aux exigences réelles de la banque.
- Réduire le capital ou la durée grâce à un apport plus important.
- Proposer une autre garantie à la banque : nantissement d’un contrat d’assurance vie, hypothèque, caution d’un proche, selon les établissements.
Convention AERAS et alternatives
La convention AERAS (« s’assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé ») organise l’examen des demandes des personnes présentant un problème de santé. Elle s’applique pour les prêts immobiliers dont la part assurée ne dépasse pas un plafond et lorsque l’emprunteur a au plus 71 ans à la fin du prêt. En cas de refus ou de surprime, l’assureur doit motiver sa décision ; des solutions alternatives peuvent être proposées. Plus d’informations sur aeras-infos.fr.
FAQ
Peut-on emprunter après 70 ans ?
Oui, c’est possible, souvent sur des durées plus courtes, avec une assurance limitée au décès ou une garantie alternative.
Le questionnaire de santé est-il obligatoire pour un senior ?
Oui dans la plupart des cas, puisque la dispense de la loi Lemoine ne concerne que les prêts se terminant avant 60 ans.
Faut-il changer d’assurance en cours de prêt ?
Cela peut être intéressant, mais pour un senior, le nouveau contrat sera tarifé selon l’âge actuel : comparez le coût restant à payer avant de changer.
Cet article est informatif ; il ne constitue pas un conseil financier personnalisé.
À lire aussi : simuler son prêt immobilier.
Sources : convention AERAS (aeras-infos.fr) ; loi n° 2022-270 du 28 février 2022 (loi Lemoine) ; Code des assurances (fausse déclaration, article L113-8) ; Service-public.fr. Vérifié en octobre 2026.