L’essentiel à retenir : le choix entre compromis ou promesse de vente dépend du niveau d’engagement souhaité par chaque partie. Le compromis engage vendeur et acheteur en même temps. La promesse unilatérale, en revanche, réserve l’option d’achat à l’acquéreur seul. Dans les deux cas, un délai de rétractation de 10 jours protège l’acheteur non professionnel. Des clauses suspensives encadrent aussi la réalisation de la vente.
Sommaire
- Compromis et promesse de vente : deux avant-contrats pour une même vente
- Qu’est-ce qu’un compromis de vente ?
- Qu’est-ce qu’une promesse de vente ?
- Compromis ou promesse de vente : les différences concrètes
- Les clauses suspensives : des protections essentielles pour les deux parties
- Le délai de rétractation de 10 jours : droits et limites
- Ce qui se passe en cas de désistement d’une des parties
- Faut-il passer devant un notaire pour signer ?
- Compromis ou promesse de vente : quel choix selon votre profil ?
- FAQ
| Critère | Compromis de vente | Promesse unilatérale de vente |
|---|---|---|
| Engagement juridique | Les deux parties (art. 1589 Code civil) | Vendeur seul |
| Somme versée à la signature | Dépôt de garantie : 5 à 10 % | Indemnité d’immobilisation : ~10 % |
| Enregistrement fiscal obligatoire | Non (sauf acte authentique) | Oui, sous 10 jours (sous seing privé) |
| Délai jusqu’à l’acte définitif | 2 à 3 mois en moyenne | 2 à 3 mois en moyenne |
| Rétractation acheteur (hors clauses) | Perte du dépôt de garantie | Perte de l’indemnité d’immobilisation |
| Utilisation la plus courante | Très fréquente (marché standard) | Marché tendu, programmes neufs |
Compromis et promesse de vente : deux avant-contrats pour une même vente
Quel rôle joue un avant-contrat dans une transaction immobilière ?
Avant la signature de l’acte de vente définitif chez le notaire, vendeur et acheteur formalisent leur accord par un avant-contrat immobilier. Ce document fixe le prix, les conditions et les engagements de chaque partie. Il est signé bien avant que les fonds ne soient transférés.
Le délai entre cet avant-contrat et l’acte authentique sert à vérifier les diagnostics et obtenir un financement. Il permet aussi de purger les éventuels droits de préemption. Sans ce cadre intermédiaire, une transaction reposerait sur une simple parole. Ce que beaucoup d’acheteurs oublient, c’est que cet avant-contrat produit déjà des effets juridiques immédiats.
Le choix entre compromis ou promesse de vente n’est donc pas anodin. Il conditionne qui est engagé, à quel niveau, et quelles conséquences surviennent en cas de problème.
Ce que les deux documents ont en commun
Malgré leurs différences, compromis et promesse partagent une même base juridique. Tous deux mentionnent le prix de vente, la description du bien, les conditions suspensives et le délai pour signer l’acte authentique.
Les deux documents ouvrent le même délai de rétractation de 10 jours au profit de l’acheteur non professionnel, conformément à la loi SRU. En outre, les deux peuvent être rédigés sous seing privé ou par acte notarié. Ils constituent, dans les deux cas, une étape contractuelle ferme.
La différence centrale ne porte pas sur leur contenu. Elle porte sur la nature de l’engagement : bilatéral ou unilatéral. C’est ce point qui détermine tout le reste.
Qu’est-ce qu’un compromis de vente ?
Un engagement bilatéral entre vendeur et acheteur
Le compromis de vente est un contrat où vendeur et acheteur s’engagent ensemble et en même temps. L’article 1589 du Code civil est clair : « la promesse de vente vaut vente » dès lors que les deux parties sont d’accord sur la chose et le prix.
Concrètement, le vendeur s’engage à vendre et l’acheteur s’engage à acheter. Aucune option, aucune liberté de se retirer sans conséquences financières. Seules les clauses suspensives prévues au contrat permettent de sortir. C’est pourquoi cette formule est la plus répandue dans les transactions immobilières françaises.
Pour un acheteur qui a trouvé le bien idéal et un vendeur certain de vouloir vendre, le compromis offre une sécurité symétrique. Ainsi, les deux parties sont « dans le même bateau » dès la signature. Pour les transactions complexes, consultez notre guide sur le compromis de vente pour marchands de biens.
Le dépôt de garantie : montant et modalités
À la signature d’un compromis, l’acheteur verse un dépôt de garantie compris entre 5 % et 10 % du prix de vente (pratique notariale, Chambre des Notaires de France). Cette somme est gardée chez le notaire ou l’agent immobilier. Elle n’est pas encore versée au vendeur.
Le dépôt ne revient au vendeur que si l’acheteur renonce sans motif légitime après le délai de rétractation. En revanche, il est restitué en totalité si une clause suspensive joue, comme un refus de prêt. Ce mécanisme protège les deux parties de façon équilibrée.
Sur un bien à 300 000 €, le dépôt représente donc entre 15 000 € et 30 000 € (montant à vérifier selon les pratiques locales et les négociations). C’est une somme assez élevée pour décourager les abandons sans raison valable.

Qu’est-ce qu’une promesse de vente ?
La promesse unilatérale de vente (PUV) : une option pour l’acheteur
La promesse unilatérale de vente fonctionne différemment. Le vendeur s’engage à vendre son bien à un prix fixé. L’acheteur, en revanche, conserve la liberté de « lever l’option » ou non dans un délai convenu. Seul le vendeur est lié dès la signature.
L’acheteur dispose donc d’une période de réflexion. Durant ce temps, il reste libre de renoncer, sans que le vendeur puisse vendre le bien à quelqu’un d’autre. C’est une logique d’option : le vendeur bloque son bien, l’acheteur garde sa liberté.
Cette formule est fréquente dans les programmes neufs et les ventes complexes. Elle est aussi utilisée sur les marchés tendus, quand l’acheteur veut sécuriser un bien le temps de finaliser son financement. Enfin, on la retrouve dans certaines ventes entre particuliers avertis.
L’indemnité d’immobilisation : à quoi sert-elle ?
En échange de cette liberté accordée à l’acheteur, une indemnité d’immobilisation est versée à la signature. Son montant est en général fixé à 10 % du prix de vente selon l’usage notarial.
Si l’acheteur lève l’option, cette indemnité s’impute sur le prix de vente. S’il renonce, elle reste au vendeur à titre de dédommagement. C’est le prix de la liberté : l’acheteur paie pour garder son droit d’achat sans obligation définitive.
Soyons directs : l’indemnité d’immobilisation est souvent plus élevée que le dépôt de garantie. De ce fait, la PUV est plus coûteuse en cas de renonciation. L’acheteur doit bien mesurer cet enjeu avant de choisir ce format.
Compromis ou promesse de vente : les différences concrètes
Niveau d’engagement de chaque partie
C’est la différence centrale. Dans le compromis, les deux parties sont engagées dès la signature. Dans la promesse unilatérale, seul le vendeur l’est. L’acheteur dispose d’un droit d’option qu’il peut exercer ou non.
Cette différence change radicalement la position du vendeur. Avec une PUV, il bloque son bien pendant toute la durée de l’option, sans certitude de conclure. Avec un compromis, en revanche, il a la garantie que l’acheteur est lui aussi engagé contractuellement.
Sommes versées à la signature
Le compromis prévoit un dépôt de garantie de 5 à 10 %, gardé en séquestre et restitué si les conditions suspensives ne sont pas levées. La promesse prévoit une indemnité d’immobilisation d’environ 10 %, qui reste au vendeur si l’acheteur renonce librement.
La nature juridique de ces sommes diffère. Le dépôt de garantie peut être restitué dans de nombreux cas. L’indemnité d’immobilisation est, par définition, le coût de la liberté accordée à l’acheteur. C’est un point que beaucoup de primo-accédants ne distinguent pas clairement.
Formalités, coûts et durée de validité
Le compromis peut être signé sous seing privé ou devant notaire, sans obligation d’enregistrement fiscal. La promesse unilatérale sous seing privé, en revanche, doit être enregistrée auprès des services fiscaux dans les 10 jours suivant sa conclusion (article 1589-2 du Code civil). À défaut, elle est nulle.
Cet enregistrement génère des frais (environ 125 € à ce jour, conditions susceptibles d’évoluer — vérifiez sur impots.gouv.fr). La durée de validité est fixée librement par les parties dans les deux cas. Elle est en général calée sur le délai d’obtention du prêt.
Les clauses suspensives : des protections essentielles pour les deux parties
La clause d’obtention de prêt immobilier
Qu’il s’agisse d’un compromis ou d’une promesse de vente, la clause suspensive d’obtention de prêt immobilier est obligatoire quand l’acheteur finance à crédit. La loi Scrivener (loi n°79-596 du 13 juillet 1979) l’impose sans possibilité d’y déroger.
Concrètement, si la banque refuse le financement, l’acheteur peut se retirer sans pénalité. Il récupère alors en totalité son dépôt de garantie ou son indemnité d’immobilisation. Cette protection évite de forcer un acheteur à conclure une vente qu’il ne peut pas financer.
Pour comparer les options de financement avant de signer, il peut être utile de consulter notre comparatif taux fixe et variable en immobilier. Il détaille les effets de chaque formule sur la durée.
Les autres clauses suspensives fréquentes
Au-delà du financement, plusieurs autres clauses suspensives apparaissent souvent dans les avant-contrats immobiliers. Voici les plus courantes :
- Absence de servitude non déclarée ou de vice caché découvert lors des diagnostics
- Non-exercice du droit de préemption par la commune ou l’administration
- Obtention d’un permis de construire ou d’une autorisation d’urbanisme spécifique
- Vente préalable d’un autre bien immobilier par l’acheteur (clause de substitution)
- Absence de pollution des sols ou de risques naturels graves
Chaque clause doit être rédigée avec précision : délai, conditions de déclenchement, conséquences en cas de réalisation ou de défaillance. En effet, une rédaction approximative peut conduire à des litiges coûteux.
« Une clause suspensive mal rédigée est souvent pire qu’une clause absente : elle crée une incertitude juridique que ni le vendeur ni l’acheteur n’avaient anticipée. » — Chambre des Notaires de France
Le délai de rétractation de 10 jours : droits et limites
La loi SRU et la loi Macron (loi n°2015-990 du 6 août 2015) accordent à tout acheteur non professionnel un délai de rétractation de 10 jours après la signature ou la notification de l’avant-contrat. Ce délai s’applique sans justification à fournir.
Ce droit protège l’acheteur des décisions prises sous le coup de l’émotion. Si la rétractation intervient dans ce délai, aucune somme ne peut être retenue. Le dépôt de garantie ou l’indemnité d’immobilisation est restitué en totalité. Passé ce délai, en revanche, les conditions contractuelles s’appliquent pleinement.
Attention : ce droit bénéficie uniquement à l’acheteur. Le vendeur ne dispose d’aucun délai de rétractation symétrique une fois le document signé. C’est une asymétrie voulue par la loi. Elle renforce la protection du particulier acquéreur face aux professionnels de l’immobilier.

Ce qui se passe en cas de désistement d’une des parties
Si l’acheteur renonce après le délai de rétractation
Passé les 10 jours, la renonciation de l’acheteur sans motif légitime entraîne des conséquences financières importantes. Hors jeu des clauses suspensives, il perd son dépôt de garantie dans le cadre d’un compromis. Le vendeur peut aussi saisir la justice pour obtenir la vente forcée, bien que cette procédure reste rare.
La FNAIM estime que 5 à 10 % des ventes immobilières ne se finalisent pas après la signature du compromis, notamment à cause du refus de prêt. Ce chiffre souligne l’importance de bien rédiger les clauses suspensives pour éviter des litiges.
Pour les situations de retard ou de blocage, notre article sur les recours en cas de retard de signature détaille les options disponibles pour chaque partie.
Si le vendeur se rétracte de son engagement
Dans un compromis, le vendeur qui refuse de signer l’acte définitif sans motif valable s’expose à une action en justice. Il risque une exécution forcée de la vente ou des dommages et intérêts élevés. L’acheteur récupère également son dépôt de garantie dans tous les cas.
Dans une promesse unilatérale, la situation est différente. Si le vendeur se rétracte avant la levée d’option par l’acheteur, il risque une condamnation à des dommages et intérêts. La Cour de cassation a précisé ce régime à plusieurs reprises depuis 2021.
Honnêtement, les procédures d’exécution forcée sont longues et coûteuses. La plupart des désistements de vendeurs se règlent donc à l’amiable avec une compensation financière. Cela dit, le droit offre des recours plus contraignants si nécessaire.
Faut-il passer devant un notaire pour signer ?
Signature chez un notaire ou sous seing privé ?
Le compromis de vente peut légalement être signé sous seing privé, c’est-à-dire directement entre les parties ou via une agence, sans notaire. C’est d’ailleurs la pratique la plus fréquente dans les transactions classiques avec agent immobilier.
Toutefois, la signature devant notaire présente des avantages concrets. Elle permet de vérifier la capacité juridique des parties, de contrôler les diagnostics et de purger les droits de préemption. L’acte authentique a aussi une valeur légale supérieure. Pour les ventes complexes (indivision, succession, démembrement), passer devant notaire dès le compromis est donc fortement conseillé.
Pour mieux comprendre l’intérêt de choisir son propre notaire en tant qu’acheteur, notre guide sur l’utilité de choisir un notaire acheteur apporte des éléments utiles.
L’enregistrement auprès des services fiscaux
L’enregistrement notarial n’est pas obligatoire pour un compromis. En revanche, la promesse unilatérale sous seing privé doit être enregistrée auprès des services fiscaux dans les 10 jours suivant sa signature (article 1589-2 du Code civil). À défaut, elle est frappée de nullité absolue.
Cette formalité est souvent oubliée entre particuliers. Elle peut pourtant invalider l’avant-contrat et exposer les deux parties à des complications juridiques sérieuses. C’est pourquoi beaucoup de notaires recommandent de passer devant eux pour toute promesse unilatérale.
Pour les acheteurs qui souhaitent estimer leur capacité d’emprunt avant de signer, un outil de simulation de prêt immobilier peut aider à calibrer le projet en amont.
Compromis ou promesse de vente : quel choix selon votre profil ?
Vous êtes acheteur : quelle option vous protège le mieux ?
Pour un acheteur dont le financement n’est pas encore confirmé, la promesse unilatérale de vente offre plus de souplesse. Cependant, cette liberté a un coût : l’indemnité d’immobilisation de 10 % est perdue en cas de renonciation hors clauses suspensives.
Pour un acheteur dont le dossier bancaire est solide, le compromis est en général préférable. Le dépôt de garantie (5 à 10 %) est moins élevé que l’indemnité d’immobilisation. En outre, les deux parties sont engagées de façon égale. Cette symétrie protège aussi l’acheteur contre un vendeur qui changerait d’avis.
Dans tous les cas, vérifier l’état du bien avant de signer reste indispensable. Notre article sur les recours pour vices cachés en immobilier explique ce que l’acheteur peut faire si un problème est découvert après la signature.
Vous êtes vendeur : quel document sécurise davantage la vente ?
Le compromis est largement plus sécurisant pour un vendeur. Il engage l’acheteur dès la signature et réduit le risque de voir la vente tomber. De plus, il place les deux parties dans une position d’égalité contractuelle.
La promesse unilatérale de vente expose le vendeur à une période d’attente sans certitude. Si l’acheteur renonce, l’indemnité d’immobilisation compense partiellement. Néanmoins, la perte de temps peut être significative sur un marché en mouvement.
Un vendeur pressé, ou qui a un projet d’achat lié à sa vente, aura donc davantage intérêt à opter pour un compromis. Pour aller plus loin dans la stratégie de vente, notre guide pour réussir un achat immobilier aborde les aspects pratiques de la négociation.
Chiffres clés
- 10 jours : délai légal de rétractation de l’acheteur après la signature (Loi Macron, loi n°2015-990 du 6 août 2015)
- 5 à 10 % du prix de vente : montant habituel du dépôt de garantie dans un compromis (Chambre des Notaires de France)
- 10 % du prix de vente : montant habituel de l’indemnité d’immobilisation dans une promesse unilatérale (usage notarial)
- 2 à 3 mois : délai moyen entre la signature de l’avant-contrat et l’acte de vente définitif (Chambre des Notaires de France)
- 5 à 10 % des ventes ne se finalisent pas après le compromis, principalement pour refus de prêt (FNAIM)
« Dans la majorité des transactions immobilières françaises, le compromis de vente reste l’avant-contrat privilégié par les professionnels, car il offre une sécurité symétrique que la promesse unilatérale ne garantit pas au vendeur. » — Notaires de France
FAQ
Le compromis de vente est-il obligatoire avant l’acte authentique ?
Aucun texte n’impose un avant-contrat immobilier avant la signature de l’acte authentique. En pratique, vendeur et acheteur passent systématiquement par un compromis ou une promesse. Cela leur permet de fixer les conditions et de laisser le temps aux démarches administratives et financières de s’accomplir.
Peut-on annuler un compromis de vente après les 10 jours ?
Passé le délai de rétractation de 10 jours, un compromis ou une promesse de vente ne peut être annulé que si une clause suspensive se réalise (refus de prêt, non-obtention d’un permis, etc.). En dehors de ce cas, la renonciation expose l’acheteur à la perte de son dépôt de garantie et à d’éventuelles poursuites judiciaires.
Qui paie les frais de rédaction du compromis ou de la promesse ?
Lorsque le document est rédigé par un agent immobilier, les frais sont inclus dans sa commission. Lorsqu’un notaire rédige l’avant-contrat, des honoraires s’appliquent, généralement à la charge de l’acheteur. Ces montants sont librement fixés et doivent être vérifiés directement auprès du professionnel (montant à vérifier selon les offices).
La clause suspensive d’obtention de prêt est-elle automatique ?
La clause suspensive d’obtention de prêt est obligatoire dès lors que l’acheteur finance son acquisition par un crédit immobilier (loi Scrivener). Elle doit cependant être explicitement rédigée dans l’avant-contrat. Elle doit préciser le montant, la durée et le taux maximal du prêt recherché. Une rédaction incomplète peut fragiliser la protection de l’acheteur.
Compromis ou promesse de vente : lequel choisit-on le plus souvent en France ?
Le compromis de vente est de loin le plus utilisé dans les transactions immobilières françaises classiques, entre particuliers ou via agence. La promesse unilatérale de vente est davantage utilisée dans les ventes en état futur d’achèvement (VEFA) et les programmes neufs. On la retrouve aussi dans certaines ventes complexes, notamment quand l’acheteur a besoin d’un délai d’option plus long.